CHRONIQUES FALCOMIENNES – Trails in the Sky : Second Chapter

Bonjour à tous,

Bienvenue dans les Chroniques Falcomiennes, je vous propose aujourd’hui mon avis sur un jeu qui, des années après sa sortie, est parvenu à m’apporter plus que je n’aurais pu espérer d’un jeu vidéo, le grandiose Trails in the Sky : Second Chapter. Rien que cela ? Explications !

Préambule et contextualisation

Nous y sommes ! Le diamant brut que taillait scrupuleusement au laser le premier opus a enfin pris forme. L’oisillon a pris son envol ! En ce début d’année exclusivement réservé à Nihon Falcom, ma machine à rêve, j’ai pris l’initiative de me lancer dans deux programmes. D’un côté, le Marathon Falcom 2022 (dont le dernier compte rendu est disponible depuis peu), à travers lequel je me suis fait une sélection de jeux à recommencer, et en amont, j’ai lancé les Chroniques Falcomiennes, rubrique à travers laquelle je centralise le tout Falcom. Et c’est également dans cette perspective que je donne désormais mon avis sur celles de leurs productions, que je ne connaissais pas jusque-là (me préparerais-je de manière anticipée pour un certain arc Crossbell ? C’est fort probable).

J’ai saisi l’occasion de ce contexte en me lançant dans la trilogie Trails in the Sky, et son premier opus a fait l’objet du tout premier article de la rubrique.

Je vous invite d’ailleurs très chaleureusement à aller consulter mon avis sur Trails in the Sky : First Chapter, vous pourrez notamment y retrouver des informations sur les origines de la série The Legend of Heroes, sur lesquelles je ne reviendrai donc pas à travers cet avis. Néanmoins, rien ne nous empêche de contextualiser un peu la sortie du jeu, c’est pourquoi je vous invite à remonter le temps, à une époque où Falcom priorisait encore ses sorties sur PC.

Nous sommes en 2006, et venons de plier bagages pour nous rendre au Japon (n’oubliez pas votre Game Boy Advance et trois jeux indispensables que vous emmèneriez avec vous, par exemple…*euhwink wink). Nous sommes le 9 mars, quelques jours avant la sortie d’un certain Final Fantasy XII, jeu très attendu par les fans…et sans doute les nouveaux venus…sur une PS2 plus en vogue que jamais. Si à cette époque, on assiste à une belle évolution du graphisme en 3D, qui s’affine au fil des années, passant de l’amas de pixels à de la modélisation travaillée, il subsiste certains jeux qui gardent un lien très fort avec la 2D. Par choix ? Peut-être. Pour raisons budgétaires ? Très probablement.

En ce 9 mars donc, sort un jeu, bien moins connu que Final Fantasy ou Dragon Quest, et pourtant, extrêmement attendu par la petite communauté qui a découvert son premier opus en juin 2004. Presque deux ans après une attente interminable, les fans sont sur le point de découvrir la suite de Trails in the Sky, après une fin brutale, qui aura sans doute brisé le cœur de plus d’un joueur. Et si ce temps a dû paraître bien long pour les joueurs japonais, je n’ose imaginer si je m’étais lancé dans l’aventure dès sa sortie occidentale sur PSP, car si le premier opus est sorti en 2011, le second n’est arrivé que…quatre ans plus tard, en 2015.

Mais au Japon, Trails in the Sky : Second Chapter sort enfin, en 2006 et sur PC donc, une petite année avant sa déclinaison sur PSP. Et ce qu’il réserve aux joueurs tient presque du cadeau, tellement l’aventure est inoubliable ! Pourtant, de prime abord, il ne paie pas de mine, et use -disons-le clairement, d’un recyclage évident : mêmes graphismes, alors qu’en 2004, le jeu était déjà techniquement d’un autre temps ; mêmes lieux, même système de combat… fort heureusement, l’on a droit à de nombreuses (et excellentes) nouvelles musiques.

Mais tout cela n’est que le flacon qui contient un délicieux nectar insoupçonné, car pour tout vous dire, Trails in the Sky : Second Chapter, presque 16 ans après sa première sortie, m’a fait l’effet d’une claque !

Il est maintenant temps de faire une petite synthèse sur ma partie.

Bilan de ma partie

Vous vous en doutez, contrairement au premier opus, ma partie a forcément mieux débuté, à plus d’un titre : d’une part, parce que l’histoire reprenait là où se terminait le premier opus, mais j’y reviendrai ! Et d’autre part, parce que je m’étais habitué au gameplay, notamment aux mécanismes du système de combat.

Par conséquent, sur la grosse quarantaine d’heures qu’il m’a fallu pour terminer Trails in the Sky : Second Chapter, je n’ai éprouvé que peu de difficulté, malgré l’exigence du titre. Attention, je ne prétends pas le maîtriser autant qu’un joueur qui se lancerait en mode difficile dès sa première partie, mais il est vrai que le fait de récupérer mes personnages au même niveau qu’à la fin du premier opus, m’a été d’une grande utilité, voire salvateur !

Le jeu propose en effet de charger une sauvegarde de fin du premier opus, pour en reprendre les niveaux et les statistiques, proposition qui sera reprise pour les Cold Steel. Cependant, nous reprenons à zéro tout le système d’orbment, qui se perfectionne en ajoutant des paliers à débloquer pour insérer des orbs plus puissantes, et nous perdons tout l’équipement que l’on a pris le temps de looter.

Si le premier opus se divise en quatre chapitres, le second surprend en en proposant pas moins de neuf ! Plus courts et peut-être même mieux répartis, ils proposent ainsi une aventure plus rythmée et plus exaltante. La durée de vie n’en passe pas pour autant du simple au double, certes, mais il faut compter quelques bonnes d’heures de plus, et encore, en ligne droite. J’avoue m’être complètement focalisé sur l’histoire principale, et me suis contenté de faire en sorte d’assurer quelques quêtes de Bracers. Je suis cependant loin de les avoir toutes faites. Peut-être dans une prochaine run, car beaucoup d’entre elles bénéficient d’une qualité d’écriture qui nous implique davantage dans l’univers du jeu.

Et contrairement au premier opus, Trails in the Sky : Second Chapter m’a transporté instantanément, même s’il faut le reconnaître, le début de l’aventure reprend les mêmes travers, à savoir une succession de quêtes avant l’explosion de saveurs. Et pourtant…

Précédemment dans Trails in the Sky…

J’aborde rapidement les évènements se déroulant à la fin du premier opus. Par conséquent, ce qui suit contient un spoiler relatif, mais sur lesquels je reste vague. Néanmoins, je ne peux que vous inviter à passer au paragraphe suivant si vous souhaitez vous préserver de ce spoiler que je vais me permettre, et/ou vous lancer dans l’aventure du premier opus, qui en vaut vraiment la peine. Car pourtant, disais-je ! Trails in the Sky, au risque de donner l’impression d’avoir littéralement coupé le jeu en deux, se termine sur une déchirante séparation, qui s’est déroulée de manière bien trop brutale pour Estelle Bright pour qu’elle l’accepte aussi facilement. Joshua, l’homme de ses pensées, est parti à la toute fin du jeu pour des raisons qui nous ont sauté à la gorge et qui ont rattrapé son passé, tout cela après un combat pourtant bien difficile. Et Trails in the Sky : Second Chapter commence dès le lendemain de ce triste évènement. Et après son retour au village, afin de s’assurer qu’il ne s’y serait pas rendu, par le plus grand des miracles, c’est une nouvelle aventure qui s’apprête à commencer pour elle et…générique !

La définition d’un Millésime

…Et, mais quel générique ! Par rapport à l’opening du premier opus, celui-ci monte d’un cran avec la superbe interprétation de Gin no ishi no tsubasa par Hiroko Yamawaki. Une image apparaît, un vaisseau s’élève dans le ciel, puis viennent les premières notes au violon. L’opening est classiquement l’occasion de présenter les personnages, dont une Estelle bienveillante qui « nous » tend la main, premier symbole fort de l’un des objets principaux du jeu. Alors certes, nous sommes loin, très loin de ce qu’a toujours pu nous proposer un Tales of en matière d’animation dans ses openings, mais le cœur y est et la musique est suffisamment prenante pour nous faire frissonner.

Et ce thème a immédiatement résonné en moi, car il revient, plus d’une décennie plus tard, dans Trails of Cold Steel III pour faire écho à un lieu commun aux deux arcs de la série. Ce thème est en fait central dans Trails in the Sky, et c’est dès cette chanson que j’ai compris à quel point ce second opus serait la clef de voute des connexions à travers l’œuvre. Et c’est peut-être en cela que je n’ai pu qu’apprécier à sa juste valeur ce jeu : en commençant par Trails of Cold Steel !

Mais arrêtons-nous sur le jeu lui-même en s’exonérant de l’œuvre globale. Trails in the Sky :  Second Chapter possède et maîtrise dans une quasi-perfection, la recette de ce qui fait un grand J-RPG. A un point qu’il nous fait accepter l’idée que finalement, Trails in the Sky : First Chapter, était un apéritif, une longue introduction qui se contente de poser sereinement les bases (ce que fera plus tard Trails of Cold Steel I, finalement), de nous présenter les personnages et les relations qu’ils entretiennent ensemble, le tout alors qu’une menace semble se dessiner furtivement sur Liberl. Le second opus nous permet ainsi de retrouver ces personnages que l’on connaît déjà et leurs objectifs, et ainsi, de mieux nous concentrer désormais sur la véritable intrigue du jeu.

Pourtant, il faut reconnaître que les premières heures de jeu semblent nous faire repartir de zéro, un peu comme une occasion de réapprendre les bases. Mais ce début de partie est aussi l’occasion de côtoyer des personnages que l’on a déjà croisés dans le premier opus, et même de faire équipe avec eux. Je pense par exemple à la sympathique Anelace Elfead, que j’aurais aimé voir un peu plus longtemps tout de même. Mais il faut croire que Falcom s’évertuait déjà à rendre intéressant le moindre personnage, même secondaire.

Et c’est un point essentiellement déterminant dans le jeu, car les personnages ne sont pas seulement nombreux, ils bénéficient tous d’un développement en trois dimensions : un passé, un présent en surface, et la somme cohérente des deux dans l’intrigue. On est loin du récit initiatique du héros qui tombe du lit et qui ne fait que découvrir la vie et enrichir ses expériences à travers ses aventures, pour finalement sauver le monde à la fin du jeu. Loin de là.

Ici, le jeu nous présente des personnages qui ont vécu, souvent souffert, à travers une série d’évènements qui les aura conduits où ils en sont aujourd’hui. Des personnages qui dans le premier opus, commençaient à tisser des liens qui deviennent encore plus fort, qui n’ont pas peur de se confier, se remettre en question, pleurer, avancer. Bref, on est face à des héros, certes, des personnes de vertu mais humanisés tout autant par leurs émotions que la qualité de traitement accordée à leurs relations. En cela, il est indéniable que l’héroïne du jeu, Estelle Bright, bénéficie d’une aura, de par sa bienveillance constante malgré la souffrance qu’elle prend sur elle.

Trails in the Sky : Second Chapter nous propose un casting particulièrement savoureux qui ne se cantonne pas qu’à elle, bien entendu. Un Joshua certes en retrait bénéficie d’un background extrêmement riche, dont les mystères entretenus par le premier opus se dévoilent enfin. Et si leur relation prenait une direction bien différente de ce que le début de leurs aventures pouvait laisser entendre, son évolution prend parfois des airs de tragédie, même si fort heureusement, leurs liens sont indéniablement solides. Sans rien en révéler davantage, soyez prévenus : il nous est offert à la fin du jeu l’un des moments les plus beaux et les plus poétiques qu’il m’ait été donné de voir dans un J-RPG jusqu’à aujourd’hui encore. J’ignore à quel point Falcom était conscient de l’or qu’ils avaient déjà entre les mains, mais c’est un bonheur d’assister à un tel instant de grâce après les boss de fin !

Je puis également toucher un mot sur la relation entre Agate et Tita, qui se solidifie d’une manière très émouvante et traitée avec beaucoup de bonté, au même moment où l’on découvre enfin la poignante histoire d’Agate. Falcom s’arrange toujours pour nous offrir des œuvres bardées d’espoir et de bienveillance, mais ils arrivent également à nous briser le cœur en mille morceaux. Et, en l’espèce, le passé d’Agate n’est pas seulement poignant pour ce qu’il nous raconte, mais bien par rapport à son impact sur Tita. Et pour notre plus grand bien, on s’éloigne de ce que l’on a tendance à croiser dans le nekketsu pour faire part, tout simplement, à un peu d’humanité.

Je n’ai pas évoqué tous les personnages, mais que dire de l’importance du rôle de Kloe Rinz, de la bienveillance de Schera ou encore de l’arrivée de nouvelles têtes qui ne sauront que vous étonner comme Renne ou Olivier, encore que pour ces deux derniers, les joueurs de Cold Steel ont beau savoir à quoi s’attendre, le moment clef survient toujours au moment le plus inattendu.

Petite subtilité glissée dès le début de l’aventure, un personnage déterminant fait son apparition et ne se contente pas de n’être qu’un précieux allié, il s’agit ni plus ni moins de l’un des deux personnages principaux de Trails in the Sky 3rd ! Le Père Kevin Graham vous réserve en tout état de cause d’énormes surprises ! Petit détail amusant, d’un épisode à l’autre, sa première apparition a lieu sur un vaisseau (pardonnez-moi, j’avoue que ce n’est pas forcément la chose la plus intéressante à vous raconter).

En ce qui concerne les antagonistes, je ne risquerai pas de vous spoiler, mais sachez que des têtes connues de la série Cold Steel y font là leur première apparition, mais il convient de retenir surtout le charisme du très réussi Loewe, qui est sans doute l’un des antagonistes les mieux travaillés de la saga ; loin d’obéir aux codes du manichéisme, il parvient même à nous offrir, à certains moments du jeu, des instants de quiétude, à l’opposé des affrontements éprouvants qu’il nous réserve. Certaines idées me semblent même avoir été reprises dans Trails of Cold Steel, les connaisseurs sauront peut-être à quel moment je fais allusion.

En résumé, nous sommes les témoins d’une réussite intégrale sur la gestion du développement des personnages dans sa véritable définition. J’émettrai une simple, une minuscule réserve pour Zin Vathek, personnage certes sympathique, mais que je n’ai pas spécialement trouvé aussi bien développé ou intéressant que les autres (avis très personnel, j’entends), si ce n’est qu’il vient de la République de Calvard, qui est et restera encore une terre mystérieuse à mes yeux pendant encore quelques années, malheureusement (en effet, nous n’avons aucune annonce en Europe concernant le nouvel opus de The Legend of Heroes, Kuro no Kiseki, qui entame un nouvel arc consacré à Calvard).

J’ai certes beaucoup écrit sur les personnages, mais c’est à travers leur développement que l’intrigue et les nombreux rebondissements prennent de la valeur et du sens. Tout au long des neuf chapitres, Falcom nous mène précisément là où il souhaite, et entre les liens qui se créent, les trahisons qui font mal et la nécessité de se relever après chaque coup dur, le climax du jeu surgit après un enchaînement de révélations, de larmes et d’espoir, telle une horlogerie minutieusement travaillée.

Je ne vous cache pas que je me retiens de vous dévoiler des scènes tellement marquantes, tellement fortes, car même s’il me manque sans doute un peu de recul et les dernières pièces du puzzle avec l’arc Crossbell, je pense pouvoir affirmer que Trails in the Sky : Second Chapter est l’un des meilleurs opus de l’entière saga. Selon moi, j’entends. Mais il parvient à si bien équilibrer le développement des personnages et leur intégration dans l’intrigue principale, que l’histoire n’en devient que plus prenante. On vit clairement avec eux les épreuves auxquelles ils sont confrontés.

Je rappelle que je suis bon public, certes, que je suis le premier à pleurer quand c’est émouvant, en effet. Mais un tel flot d’émotions ne m’a que trop rarement transporté durant ces vingt dernières années. Trails of Cold Steel m’a fait cet effet tout au long de ses quatre épisodes, d’autres jeux l’ont fait également -plus que tout, Tales of Xillia, et aujourd’hui, je n’en reviens pas qu’un jeu aussi âgé parvienne à me faire ressentir encore ces émotions. Et quelle fin ! Partagée entre grandeurs et émotions, elle nous livre le capital d’une mise en place millimétrée depuis le premier opus, dont les conséquences résonneront sur les jeux à venir, aussi bien dans les enjeux politiques que dans ce qu’il ressortira d’une telle aventure pour chacun des personnages.

Nous ne sommes donc pas seulement sur un excellent cru, mais sur un beau Millésime, le pilier fondateur d’une saga absolument passionnante !

Les combats

Trails in the Sky : Second Chapter peut avoir pour reproche de recycler le matériau de base utilisé par le premier opus, mais vous l’avez compris, l’intérêt est dans son écriture, toute aussi qualitative dans le world building que dans la narration et le développement des personnages. Mais qu’en est-il de l’autre intérêt d’un jeu vidéo, le gameplay ? Hé bien, le système de combat reprend tout bêtement les mécanismes du premier opus. Sans dire qu’il bénéficie du même soin et de la même complexité que celui des Trails of Cold Steel, il en pose tout de même les fondations.

Nous sommes ainsi sur un système en tour par tour, rendu dynamique par la possibilité de se déplacer dans la zone de combat, ce qui n’est pas sans rappeler la présentation d’un Tactical-RPG. Les possibilités, ainsi je l’avais mentionné dans mon avis sur le premier opus, se répartissent ainsi : l’attaque physique ; la magie, qui se configure via le système d’orbment. Ainsi, il est possible d’intégrer des orbs à chaque personnage, soit pour maximiser ses stats, soit pour lui octroyer divers sorts, offensifs ou de supports. La petite nouveauté, concernant les orbs, consiste en la possibilité de débloquer deux paliers supplémentaires, qui permettent alors d’intégrer des orbs plus puissants. La magie use classiquement un système de MP, et, tel un tronc commun, peut être utilisée par n’importe quel personnage.

Puis, viennent les CP ou Craft Points, élément récurrent de la série, qui s’économisent à mesure que l’on attaque ou l’on subit les coups. Ces derniers permettent à chacun des personnages d’avoir recours à des attaques qui lui sont propres, des attaques spéciales donc, ainsi que leur attaque ultime, le S-Craft.

Et sur ce point, qui sera repris dans Trails of Cold Steel II et Trails of Cold Steel IV, chaque personnage bénéficie d’un tout nouvel S-Craft, et…qu’est-ce que ça envoie ! J’ai réellement été impressionné par la qualité et la mise en scène de ces nouvelles attaques ultimes et, ne me pensez pas de parti pris, mais celle de Kloe en envoie tellement ! De par ses incantations, elle me rappelle de loin le Mystic Arte de Tear Grants dans Tales of the Abyss. Et que dire du S-Craft d’Estelle ou encore celui de Tita, qui ne se retient pas de faire dans la démesure, un peu comme celui de Millium Orion dans Trails of Cold Steel II

Deux petites nouveautés se sont greffées aux Craft Points, enfin : le S-Break, qui donne la possibilité de déclencher à tout moment le S-Craft sélectionné par défaut, désormais classique dans la série ; et les Chains Craft, qui permettent de créer des enchaînements de coups à plusieurs personnages, également désormais incontournables dans la série.

Enfin, je vantais la qualité d’écriture des personnages un peu plus haut, mais le jeu ne se repose pas uniquement sur cet aspect, car il nous offre l’opportunité notable de pouvoir également jouer avec un grand nombre de ces personnages. Alors qu’ils ne faisaient que passer, parfois en tant que PNJ, parfois en tant que simples invités, nous avons désormais l’opportunité d’avoir accès à un large casting jouable, malheureusement dans la limite de quatre personnages dans l’équipe, mais plus l’on progresse dans le jeu, plus il nous sera possible de composer l’équipe de nos rêves.

Au final, le jeu reprend les mécanismes de son prédécesseur et les peaufine de manière certes discrète, mais suffisante pour ajouter du confort à nos possibilités d’action. Aussi, le fait d’avoir terminé le premier opus et la possibilité de conserver les niveaux de ses personnages a été un petit luxe qui m’a permis d’avancer sereinement dans le jeu, malgré certains combats de boss particulièrement corsés, et toujours la possibilité d’être surpris par un ennemi random. Mais fait notable, contrairement au premier opus, ce Second Chapter propose un mode easy qui peut s’avérer salvateur face à certains ennemis particulièrement difficiles, sans compter le fait qu’en cas de game over, le jeu nous permet de recommencer le combat en baissant sensiblement la difficulté.

En dehors des combats, signalons le retour de la cuisine, qui nous permet de concocter des petits plats nous octroyant des soins et des bonus temporaires, ainsi que l’arrivée de la pêche, une activité que j’apprécie dans les jeux mais…mais qu’est-ce que c’est que ce système ? J’ai dû louper une explication, car je n’ai jamais réussi à pêcher un seul poisson. Si l’un de vous a compris le système, je vous remercie de bien vouloir me l’expliquer, parce que je suis clairement passé à côté de cette activité.

Maintenant, je vous invite à méditer au-delà du jeu lui-même, au-delà de ses qualités d’écriture et de son gameplay, afin d’essayer de comprendre…où souhaite nous emmener Falcom, depuis toutes ces années ?

La folle ambition de Falcom

N’y a-t-il pas une certaine démesure dans l’ambitieux projet qu’est devenue The Legend of Heroes avec l’arrivée de la trilogie Trails in the Sky ? Et finalement, est-ce que Falcom savait déjà précisément où nous emmener ? A mon sens, pour une boîte de jeu vidéo -d’autant plus si modeste, il me paraît très compliqué de pouvoir anticiper près de vingt ans d’histoire sur une seule saga. Sachant que chaque jeu nécessite des centaines de milliers de lignes de textes de dialogues, qui doivent un minimum préserver une certaine cohérence globale, et que chaque opus nous donne l’impression d’être soigneusement millimétré, si illusion il y a, elle est parfaite !

A mon humble avis, si l’on part du principe qu’ils ont lancé un nouveau cycle avec Trails in the Sky, on peut au moins penser qu’ils y ont réfléchi à moyen terme, c’est-à-dire sur la trilogie, en travaillant sur un cahier des charges posant les fondations du monde dans lequel Estelle et Joshua vivent leurs aventures. Et c’est sur cette base qu’a été imaginé le continent Zemuria, qui se subdivise en plusieurs régions, dont le West Zemuria, où se trouvent les trois pays entre lesquels se déroulent les nombreux conflits politiques et autres intrigues de cours : le Royaume de Liberl, où se déroule la trilogie Trails in the Sky, l’Empire d’Erebonie, où les héros de la classe VII évoluent dans la quadrilogie Trails of Cold Steel, et la République de Calvard, dont le premier opus qui s’y déroule est sorti récemment au Japon sous le nom de Kuro no Kiseki.

Ces trois pays sont entourés d’autres, plus petits, Nord Highlands…et Crossbell.

Remarque : cette carte date probablement de la sortie de l’arc Crossbell, si l’on se réfère au fait que l’Empire d’Erebonie est encore masqué.

Vous avez désormais une petite idée de la géographie du monde dans lequel se passe le cycle des Trails. En outre, vu que les autres régions, parfois nommées, jamais réellement montrées, restent jusqu’à ce jour des terres de mystères, Falcom semble se réserver quelques atouts pour nous raconter de nouvelles histoires avec toujours plus de personnages. Mais en l’espèce, du temps de l’ère Trails in the Sky, l’histoire qui se tisse en toile de fond concerne principalement Liberl et l’Erebonie. Et cela va au-delà même de l’histoire principale que vivent les personnages centraux du jeu, mais intervient plutôt comme une conséquence dramatique qui les dépasse, et les relèguerait presque au rang de témoins que d’acteurs véritables, à certaines exceptions (et quelles exceptions !).

Mais voilà, si l’on observe Trails in the Sky : Second Chapter, dans son seul ensemble, on constate dès le départ que le contexte géopolitique prend de l’ampleur au fil des heures, et l’objectif des scénaristes n’est pas uniquement de le poser comme toile de fond, mais bien de structurer la cohérence d’un Royaume, Liberl, et de donner du corps à ses relations internationales.

Toujours est-il que le champ de vision de Falcom semble déjà s’étendre plus loin que ce que l’on pense et en cela, un indice, subtil mais significatif, m’a interpelé. En effet, à un moment du jeu et au détour d’une phrase, il est mentionné le nom d’un certain Gouverneur… Osborne ! Giliath Osborne, un personnage qui ne peut que parler aux joueurs de Cold Steel et qui agit certes dans le cadre de ses fonctions, lorsqu’il est mentionné, mais qui pourtant, et nous l’apprendrons plus tard, bien plus tard, dans la saga Cold Steel, œuvre dans l’ombre à la tête d’une certaine organisation. Je suis actuellement en train de jouer à Trails in the Sky the 3rd, et j’ignore s’il y sera à nouveau fait mention, mais en tout état de cause, la mention de sa simple existence dans le Second Chapter pourrait nous laisser penser que Falcom avait déjà bien une piste, précise ou non.

Mais en toute objectivité, il me paraît fort possible que l’histoire de chaque opus soit écrite avec pour lourde tâche de garder en considération le moindre évènement passé ou relaté dans les précédents opus, de les approfondir ou d’en tirer des conséquences, le tout encadré par un cahier des charges global (a minima en ce qui concerne la situation géopolitique du continent).

Ainsi, et c’est ce qui représente l’un des points forts de la série, de nombreux personnages déjà croisés dans les précédents opus refont leur apparition dans les nouveaux. Falcom tient à proposer un monde qui nous parle, et nous envoie divers signaux en ce sens grâce à la réapparition de têtes connues. Et si, en effet, on a le plaisir de retrouver Agate et Tita dès Trails of Cold Steel III, le quatrième opus, par son casting allstars nous agrémente d’un retour très attendu d’Estelle et Joshua, et de l’apparition -remarquable et remarquée, de leurs alliés, sans parler des personnages de l’arc Crossbell.

Et en cela, vu que je suis en plein Marathon Falcom, et que j’ai avancé parallèlement sur Trails of Cold Steel IV, je peux vous dire que de revoir Kloe en sachant désormais de qui il s’agit, ou encore Schera, cela m’a fait particulièrement frissonner ! J’aurais aimé revoir Sieg, le fidèle faucon de Kloe, du coup. Peut-être dans Trails into Reverie ? ^^

Cassius Bright et Kloe dans Trails of Cold Steel IV

Autre exemple d’approfondissement, cette fois non pas d’un personnage, mais de sa famille, le cas Vander. Dans la trilogie Trails in the Sky, nous faisons la connaissance de Mueller Vander, surtout occupé par le très agité Olivier Lenheim ( ! ), que l’on croise à nouveau dans les Trails of Cold Steel, mais que l’on découvre être…le grand frère de Kurt Vander, l’un des personnages principaux et élèves de la nouvelle Classe VII (Cold Steel III et IV) !

A noter que dès Trails in the Sky : Second Chapter, on rencontre également leur oncle, Zechs Vander, le temps pour ce dernier de faire un choix décisif non exempt de conséquences, et qui réapparaît également dans les suites.

Enfin, et il s’agit là davantage d’un détail qui relève de l’anecdotique, pour information, le Royaume de Liberl est entre l’Empire d’Erebonie et la République de Calvard. Et le jeu nous propose de nous rendre aux portes qui les séparent. Ainsi, on a l’opportunité d’être au plus près de la République de Calvard, je me suis amusé à imaginer que les portes s’ouvrent et me laissent explorer le pays ^^

Mais aussi, on peut se trouver au plus près de la frontière qui sépare Liberl de l’Erebonie, ce qui m’a permis de comparer les points de vue :

Trails in the Sky SC : La Haken Gate depuis la région de Bose, dans le Royaume de Liberl
Trails of Cold Steel IV : la Haken Gate depuis l’Empire d’Erebonie. D’accord, il y a eu un petit lifting !

D’une certaine façon, ce monde qui prend virtuellement vie dans une simple série de jeux vidéo en deviendrait presque palpable.

Les musiques

Il est temps désormais, d’aborder les musiques du jeu. Si certains thèmes issus du premier opus reviennent, nous avons tout de même droit à une nouvelle bande originale. Et vous l’avez compris, je suis clairement passé en mode fanboy dès les premières notes de l’opening, Gin No Ishi Kin No Tsubasa interprété par Hiroko Yamawaki, à un point que je vous le propose sans transition :

La réussite de cette chanson tient également du fait qu’elle reprend l’une des mélodies principales du jeu, déjà entendue dans le premier opus, et qui se rattache notamment à Joshua, en écoutant par exemple la musique Hamel (il n’empêche, quand on y assimile Cold Steel III et IV, quelle claque !). L’on a également droit, entre autres, à Gin no Ishi Super Arrange version qui renforce les enjeux de certains combats attendus, et qui comme son nom l’indique, est une version arrangée d’un thème de combat du premier opus. Et pour être tout à fait honnête, j’ai largement préféré la version originale, trouvant celle spécialement réarrangée dans le Second Chapter un peu trop sophistiquée pour que je puisse pleinement l’apprécier.

Ce thème est également repris avec The truth behind the tragedy, sans doute l’une de mes musiques préférées du jeu, qui évoque un instant dramatique ; classique au début certes, mais qui en milieu de morceau, nous souffle un murmure de sérénité.

Et puisque nous somme dans les moments de détente, notons la reprise du thème principal du premier opus, Feelings soar with the wind SC Version, qui mélange mélancolie et l’espoir qui pointe avec un petit rayon de soleil (Bright, un nom qui sied si bien à Estelle ?).

Dans un autre registre, les thèmes de combat m’ont paru un peu plus variés que dans le précédent opus. Il faut dire que les moments cultes et les tensions s’enchaînent tellement qu’il fallait au moins que Falcom prévoient des thèmes marquants. Pourtant, le thème de combat principal repart comme pour le premier, sur un morceau jazzy (ou bossa-nova plutôt, peut-être, qu’en pensez-vous ?), Strepitoso Fight. Je n’en suis pas spécialement amateur, mais je le préfère largement à son prédécesseur. En revanche, j’adore le thème des combats de boss, Obstructive Existence, très motivant et proposant de belles petites subtilités.

Un autre thème de combat de boss, qui cette fois oscille entre le classicisme d’un J-RPG et le savoir-faire de Falcom, c’est The Fate of the Fairies, qui nous donne certes l’impression d’avoir déjà été entendu dans d’autres jeux (mais pas des moindres, je ne sais pas pourquoi il me fait penser à du Grandia), mais qui s’intègre pourtant bien au contexte. Et que serait une BO made in Falcom sans le son rock de Fateful Confrontation ?

Pour l’occasion les musiques d’exploration ont également été renouvelées, même si l’on retrouve les mêmes lieux que dans le premier opus, j’en ai notamment retenu la très agréable Sora wo Miagete, mais pour aujourd’hui, j’ai décidé de faire dans le sentimental, en vous proposant tout bêtement la musique de l’écran titre, shine of Eidos – Sora no Kiseki, sobrement interprétée au piano :

Même si la Falcom Sound Team JDK brille par ses compositions survoltées, ces derniers temps je me suis un peu penché sur des musiques plus douces, et comme vous pouvez l’entendre à travers ce morceau choisi, ils se défendent particulièrement bien. En l’espèce, on part de la partition simple aux changements d’octaves et aux enchaînements d’accords plus complexes.

Enfin, alors même que l’on se remet de nos émotions après un final en apothéose, le générique de fin apparaît et…mais oui, le joueur de Trails of Cold Steel reconnaît ce morceau entendu, à l’occasion du festival organisé à la fin du premier opus, dont le choix judicieux de la chanteuse s’est porté sur Emma Millstein. I swear est donc le générique de fin de Trails in the Sky : Second Chapter, et je le découvre seize ans après la sortie du jeu, honte à moi !

Le jeu se contente donc pas d’avoir l’un des meilleurs openings, et peut-être même d’être l’un des meilleurs opus de toute la série The Legend of Heroes, il propose aussi un générique de fin rayonnant, certes fleur bleue mais tellement juste !

Lapalissade de fin

Vous ferais-je l’affront de conclure sur ce que j’ai pensé du jeu ? Vous l’avez bien évidemment compris, Trails in the Sky : Second Chapter est un chef-d’oeuvre ! Je suis conscient qu’aujourd’hui, les superlatifs sont courants et se déclenchent à la moindre sortie d’un jeu vidéo un peu cossu sur la direction artistique ou ses mécanismes ; que les termes « chef-d’oeuvre », « masterpiece », l’usage d’adjectifs tels que « dithyrambique », « épique » et autres… donnent l’impression qu’au final, nous voulons bien nous émouvoir de manière exagérée du moindre instant qu’un jeu peut nous offrir. J’en suis conscient, disais-je ! Mais qu’importe, c’est en mon âme et conscience, en tant que passionné et en tant qu’amoureux des belles histoires que peuvent nous offrir certains jeux vidéo, que je l’affirme : oui, nous sommes bien face à un monument du J-RPG, une leçon de worldbuilding et de cohérence. Et oui, je regrette de ne pas l’avoir découvert plus tôt.

Mon avis prend fin. Je suis conscient de sa longueur, mais j’espère tout de même que vous avez passé passé un bon moment, et -qui sait, que votre curiosité vous mènera dans l’univers de The Legend of Heroes. Si pour le moment, je n’envisage pas encore de rendre un avis sur le troisième opus de Trails in the Sky, les Chroniques Falcomiennes continuent avec mon Marathon Falcom Edition 2022.

Bien à vous,

Hyperion Seiken

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